Genre Orchis

Ce genre comportait auparavant un grand nombre d'espèces, mais des études récentes ont amené à en redistribuer certaines dans les genres Anacamptis et Neotinea. A contrario, l'Homme pendu qui constituait le genre monospécifique Aceras a été réintégré dans le genre Orchis.

Sur les 5 espèces d'Orchis s.s. existant en Dordogne, j'en ai rencontré 4 près de Thiviers. La cinquième, Orchis militaris, est présentée avec les autres orchidées du département.

L'étymologie du nom Orchis vient du Grec: "orchis" signifie testicule, et se réfère à la forme des tubercules de la plante. Cette ressemblance a valu aux orchidées de figurer dans un bon nombre de recettes de grand-mères destinées à améliorer ou diminuer la fécondité, voire à déterminer le sexe du futur enfant.

Même amputé d'un bon nombre d'espèces, le genre est assez polymorphe. On retrouve comme constante la division du labelle en 3 lobes, et les pétales + le sépale dorsal réunis en casque. Les sépales latéraux peuvent être écartés ou rassemblés avec le casque. Les fleurs ont un éperon, sauf pour l'homme pendu Orchis anthropophora.

 

Orchis mascula (Linné) Linné 1753 : orchis mâle

L'espèce doit son nom à ses tubercules aux formes suggestives.

On la rencontre fréquemment fin avril - début mai sur le bord des routes, où ses grappes de fleurs violettes, vivement colorées, tranchent sur le vert de l'herbe.

En dehors des talus, où elle peut former des colonies de plus d'une centaine de pieds, on la rencontre également sur les lisières, les bords de chemins, les prés, voire dans des sous-bois clairs où elle fleurit avant que les arbres et arbustes n'aient développé leurs feuilles. Elle fréquente aussi bien les sols acides que les cols calcaires.

On reconnaît l'espèce à la couleur de ses fleurs qui ont des sépales latéraux écartés et un éperon allongé qui remonte vers le haut en croisant l'ovaire. Les feuilles, assez fines, sont généralement maculées de larges taches noirâtres. Rarement, les fleurs peuvent être roses assez pâles, voire exceptionnellement blanches.

C'est une espèce assez commune, que l'on ne peut pas confondre avec une autre dans notre région.

Orchis mascula Orchis mascula Orchis mascula

 

Orchis purpurea Hudson 1762: Orchis pourpre

Cette espèce, qui doit son nom à ses couleurs vives, est un joyau des prairies sèches sur sols calcaires. On peut également la rencontrer en sous-bois, où comme l'Orchis mâle, elle fleurit avant l'apparition des feuilles sur les arbres.

La plante est robuste, atteignant souvent 50 cm, avec une inflorescence aux fleurs nombreuses. Les pétales et les sépales sont regroupés en casque de couleur très sombre. Le labelle est de couleur blanche et parsemé de nombreuses papilles de couleur pourpre surtout concentrées aux extrémités des lobes. Le labelle est divisé en trois lobes de forme très variable, aux extrémités dentelées, le médian étant lui même divisé en deux lobes plus larges que les latéraux et séparés par une petite dent. L'éperon, assez court et descendant, ne croise pas l'ovaire.

C'est une espèce assez commune dans les milieux favorables, qui se repère de loin, et qui est facile à reconnaître.

Orchis purpurea Orchis purpurea Orchis purpurea Orchis purpurea

 

Orchis simia Lamarck 1779: Orchis singe

Cette espèce doit son nom à la forme de son labelle, dont les lobes fins et recourbés évoquent des membres simiens.

La plante est de taille moyenne, environ 30 cm. L'inflorescence est assez courte et un peu globuleuse. C'est la seule espèce dont l'inflorescence commence à s'épanouir par le haut, ce qui est un critère d'identification pratique sur le terrain.

Les fleurs ont un casque assez pâle, blanc rosé. Le centre du labelle est blanc ou rosé et parsemé de papilles violacées. Les lobes latéraux, ainsi que les deux divisions du lobe médian, sont linéaires et de couleur violacée foncée, et sont souvent tordus.

Elle croît dans les mêmes milieux qu'Orchis militaris et purpurea.

C'est une espèce rare et protégée en Dordogne, le plus souvent en petit nombre sur ses stations. Je n'en ai trouvé en tout et pour tout que trois pieds isolés aux environs de Thiviers.

Orchis simia Orchis simia Orchis simia

 

Orchis anthropohora ( = Aceras anthropophorum) (Linné) Allioni: Homme pendu

Le nom de l'espèce est bien évidemment dû à la forme du labelle qui évoque une silhouette humaine.

Cette espèce a été longtemps séparée du genre Orchis à cause de son absence d'éperon, mais des analyses génétiques ont montré son appartenance au genre Orchis, déjà trahie par les nombreux hybrides qu'elle forme avec certains.

C'est une plante de taille moyenne à assez petite. L'inflorescence est allongée, les fleurs nombreuses et assez petites. Leur coloration est assez variable en intensité suivant les stations et les individus. Les sépales et les pétales sont réunis en un casque verdâtre à brun, parfois beige assez clair. Le labelle est divisé en trois lobes allongés, le médian étant lui même profondément divisé. Sa couleur est jaune-brun, les bords sont souvent plus foncés, parfois lavés de rouge. Il n'y a pas d'éperon.

Elle forme régulièrement des hybrides avec Orchis militaris, purpurea et simia, ce qui est un argument supplémentaire pour inclure cette espèce dans le genre Orchis.

C'est une plante de pleine lumière, rarement  mi-ombre, qui croît sur les terrains calcaires secs. Elle affectionne les talus routiers, souvent en compagnie de Anacamptis pyramidalis. Elle est assez fréquente, dans les milieux favorables, aux alentours de Thiviers.

Orchis anthropophora Orchis anthropophora Orchis anthropophora

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