Genre Limodorum

Ce genre comporte deux espèces en France. Limodorum abortivum, décrit ci-dessous, est assez commun dans les régions aux sols calcaires bien exposés. L'autre, L. trabutianum, est une espèce fréquentant l'ouest de la Méditerranée (Espagne, Italie, Portugal, Tunisie) et qui se rencontre exceptionnellement en France, dans le Var et en Poitou-Charente.

Limodorum abortivum (Linné) Swartz 1799: Limodore à feuilles avortées

Cette plante a un aspect assez spécial. Ses feuilles sont réduites à des écailles engainant la tige, ce qui lui vaut son nom. Sa couleur est uniformément violette. Même si elle contient de la chlorophylle, cette espèce n'utilise pas la photosynthèse pour s'alimenter, comme le fait n'importe quelle "honnête plante". Elle est en effet considérée comme saprophyte, c'est à dire qu'elle utilise la matière organique contenue dans le sol, comme le font les champignons. Mais la découverte de racines de Limodorum soudées à des racines d'autres plantes laisse à penser qu'elle pourrait être parasite.

Elle se différencie de Limodorum trabutianum par l'éperon porté par les fleurs, absent sur cette dernière espèce. Quand elle émerge du sol au printemps, elle ressemble fortement à une asperge. De cette "asperge" émergent en mai et juin de grandes fleurs violettes aux divisions allongées. Le labelle semble articulé en deux parties. Même si ces fleurs sont visitées par des insectes, le Limodore se reproduit souvent par autopollinisation. Les fleurs terminales de la grappe peuvent même ne pas s'ouvrir, et on a pu également constater des cas de floraisons souterraines suivies de fructification, ce qui constitue un cas extrême de cléistogamie.

Cette espèce croît, souvent en groupe, en lisière et dans les bois clairs sur sol calcaire bien drainé. Elle est assez fréquente dans ce type de milieu au sud de Thiviers.

Limodorum abortivum Limodorum abortivum

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