Autres espèces de Dordogne page 3

 

Genre Dactylorhiza

Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soó 1962 : Dactylorhiza de Fuchs

Cette espèce se distingue de D. maculata par son labelle plus profondément lobé. Les autres caractères morphologiques sont  proches: fleurs pâles au labelle parcouru de tirets et de boucles, feuilles allongées et maculées. Dactylorhiza fuchsii préfère cependant les substrats alcalins, contrairement à D. maculata qui est plus tolérant. Dans certaines régions, les deux espèces sont difficiles à séparer, au point que certains les considèrent comme deux sous-espèces. Des études génétiques récentes semblent pourtant montrer qu'elles sont relativement éloignées. Dactylorhiza fuchsii est peu courant en Dordogne et localisé dans le sud-est du département. C'est une espèce à rechercher.

Les photos suivantes ont été faites dans l'Aisne et l'Aveyron.

Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis (Poiret) Soó 1962 : Dactylorhiza élevé

Cette plante est caractérisée par sa stature élevée et robuste (jusqu'à 1 m de haut). Elle porte un épi allongé aux nombreuses fleurs assez foncées. Les feuilles ne sont pas maculées, ou très rarement.

C'est une espèce des prairies humides alcalines, présente dans un grand quart sud-ouest de la France. Elle est menacée comme toutes les espèces de zones humides par le drainage de ses biotopes.

Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis

J'ai rencontré cette espèce pour la première fois en 2004, successivement en Dordogne et dans l'Aveyron, où ont été faites les photos présentées ci-dessus.

Dactylorhiza viridis (Linné)  R.M. Bateman, Pridgeon & M.W. Chase 1997 ( = Coeloglossum viride): Orchis grenouille

Cette espèce, qui fut successivement incluse dans de nombreux genres (Orchis, Satyrium, Habenaria..) avait fini par être largement considérée comme la seule représentante du genre Coeloglossum, proche des Dactylorhiza avec lesquels elle s'hybride régulièrement. Mais les études génétiques de Bateman et al ont mis en évidence qu'elle devait être incluse au sein du genre Dactylorhiza. Pour ne pas trop bouleverser les habitudes établies, et par dérogation au code de nomenclature, le genre Dactylorhiza a été conservé au détriment de Coeloglossum, bien qu'il soit plus récent. Normalement tous les Dactylorhiza auraient dû être rebaptisés Coeloglossum en vertu du principe d'antériorité.

Ce regroupement peut sembler étrange, tant la morphologie de "Coeloglossum" tranche au milieu d'un genre Dactylorhiza uniforme au point de donner des cheveux blancs aux botanistes qui essaient d'y délimiter des espèces. De tous les bouleversements dans la systématique amenés par la génétique, c'est personnellement celui que j'ai le plus de mal accepter, bien qu'à la lecture des travaux qui en sont à l'origine, je sois presque convaincu.

Pour en revenir à la plante elle-même, elle brille par sa discrétion. Ses fleurs au casque vert, et au labelle brunâtre à verdâtre, pendant et faiblement échancré à son extrémité, la rendent peu visible au sein de l'herbe des prairies qu'elle fréquente. Plus commune en montagne, elle fréquente aux basses altitudes les prairies plutôt humides sur sols alcalins, ce qui fait qu'elle est rare et en régression dans de nombreuses régions. Elle est peu courante en Dordogne, je ne l'y ai vue que sur un seul site comportant deux pieds. Par contre je l'ai rencontrée assez régulièrement dans l'Aveyron sur des prairies fraîches, puis dans le Vercors et les Alpes, où elle fréquente les alpages et se rencontre même en sous bois clair.

Dactylorhiza viridis Dactylorhiza viridis Dactylorhiza viridis

 

Genre Gymnadenia

Gymnadenia odoratissima (Linné) L.C.M. Richard 1817: Orchis odorant, Gymnadenie très odorante

Hormis G. conopsea déjà décrite, on peut trouver en Dordogne une autre espèce proche. De loin, Gymnadenia odoratissima s'en distingue par sa taille inférieure, et ses fleurs plus pâles (les individus à fleurs blanches sont assez communs). En regardant de plus près, on remarque le labelle a des  lobes moins marqués, et surtout que l'éperon est beaucoup plus court que chez G. conopsea, ici environ de la même longueur que l'ovaire. On pourra également humer le parfum vanillé des fleurs.

Elle fréquente les même biotopes que G. conopsea, qui sont assez variés: prairies sèches à détrempées, marais, suintements, bois clairs, sur sols alcalins à faiblement acides. Malgré cela, c'est une espèce irrégulièrement répartie et jamais très abondante. C'est une espèce protégée en Dordogne.

Les photos suivantes ont été faites dans la Marne.

 

Genre Epipactis

 

Epipactis muelleri Godfery 1921 : Epipactis de Müller

Cette espèce est morphologiquement proche d'E. helleborine. Elle s'en distingue par ses feuilles plus allongées, et ses fleurs pâles, peu ouvertes et pendantes. En regardant plus précisément dans les fleurs, on peut remarquer l'absence de viscidium, cette glande collante qui permet aux pollinies d'adhérer aux insectes pollinisateurs. Ceci témoigne d'une reproduction par autopollinisation, puisque le pollen ne peut être transporté d'une plante à l'autre.

Epipactis muelleri croît dans les même milieux que E. helleborine: lisières, bois clairs, plus rarement prairies, sur sols calcaires. C'est une espèce peu courante et souvent méconnue.

Les photos suivantes ont été faites dans la Meuse.

Epipactis microphylla (Erhart) Swartz 1800 : Epipactis à petites feuilles

C'est l'espèce d'Epipactis la plus précoce que l'on peut rencontrer en Dordogne, puisqu'elle fleurit vers la mi-mai. Petite plante très discrète, elle affectionne les forêts claires bien exposées dans nos régions (pinèdes, chênaies), alors que plus au nord on la rencontre dans des stations plus sombres.

Elle se reconnaît à sa petite taille (20 - 30 cm), à ses feuilles courtes, étroites et peu nombreuses, et à la pilosité de la tige au niveau de l'inflorescence. Les fleurs sont petites, pendantes et peu nombreuses. Si l'on se donne la peine de se baisser pour les sentir, on découvrira qu'elles exhalent un délicieux parfum vanillé. Cette espèce peut avoir recours à l'autopollinisation.

Elle est inégalement répartie et toujours peu abondante. C'est une espèce protégée en Aquitaine.

Les 3 premières photos ci-dessus ont été prises dans la Marne, la dernière dans le Var.

 

Epipactis palustris (Linné) Crantz 1769 : Epipactis des marais

C'est certainement l'espèce d'Epipactis la plus facile à identifier. On reconnaît aisément son labelle divisé en deux parties: la base (l'hypochile) est creusée en une cupule striée de rouge violacé, alors que l'extrémité (l'épichile) et blanc avec des crêtes jaunes à sa base. Les sépales sont violacés et plus allongés que chez les autres espèces d'Epipactis. Les feuilles sont ovales et allongées.

Comme son nom l'indique, c'est une espèce des marais alcalins, des dépressions argileuses. Elle peut y former des colonies abondantes. Elle reste malgré tout peu commune, bien qu'elle soit présente dans la plus grande partie de la France. C'est une espèce protégée en Aquitaine.

Les photos présentées ont été prises dans la Meuse.

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