Epipactis

Epipactis atrorubens (G.E. Hoffman ex Bernhardi) Besser 1809: Epipactis pourpre noirâtre

C'est sûrement l'espèce du genre Epipactis de notre flore la plus facile à identifier, à égalité avec E. palustris. La couleur de ses fleurs, rouge pourpre assez foncé, est unique dans le genre. De plus près, on remarquera la tige de couleur violette, pubescente au niveau de l'inflorescence, les feuilles deux fois plus longues que larges et tassées vers le bas de la tige, le labelle des fleurs à l'épichile parcouru de bourrelets. Cette espèce se rencontre sur les lisières, les prairies sèches, dans la plus grande partie de la France, sauf en Bretagne, dans le Sud Ouest, le Limousin et une partie du centre.

Les photos ci-dessous ont été faites dans la Meuse, où je la rencontre surtout dans des endroits au sol très maigre (anciennes carrières, éboulis fixés), et souvent à proximité de résineux.

Epipactis atrorubens Epipactis atrorubens Epipactis atrorubens

Epipactis distans Arvet-Touvet 1872: Epipactis à feuilles éloignées

Proche d'Epipactis helleborine, cette espèce s'en distingue par ses fleurs pales, facultativement autogames, et par son feuillage. Les feuilles sont courtes, largement ovales, érigées le long de la tige. L'inflorescence est allongée et peu dense. Les pollinies, cohérentes à l'ouverture de la fleur, se désagrègent ensuite.

Cette espèce croît sur les versants sud du massif alpin et du massif central. J'en ai rencontré une poignée de pieds en Isère vers 1200 m d'altitude.

Epipactis fageticola (C.E. Hermosilla ) J. Devillers-Tershuren & P Devillers 1999 - Epipactis des hêtraies

Cette espèce a été décrite en Espagne, puis identifiée en France. Elle est caractérisée par sa pilosité très réduite, ses feuilles ovales, la première placée assez haut sur la tige et portant des denticulations visibles à l'oeil nu sur leurs marges. Les fleurs de taille moyenne sont pendantes, et fréquemment elles ne s'ouvrent pas. En effet, sir un viscidium est présent, les pollinies sont peu cohérentes et la plante se reproduit généralement par autogamie. L'ensemble de la plante est vert, sans nuance violacée comme chez de nombreuses autres espèces.

Ses biotopes de prédilection sont les ravins frais dans les hêtraies, et les ripisylves, sur substrat basique à peu acide. En France elle a été identifiée dans les Alpes à l'exception de l'extrême sud est, dans l'Herault et dans les Pyrénées Orientales ou elle est relativement la plus abondante. C'est dans ce dernier département que j'ai eu la chance de découvrir cette espèce rare, lors d'une sortie organisée. Elle était en tout début de floraison.

 

Epipactis kleinii M.B. Crespo, M.R. Lowe & Piera 2001: Epipactis à petites fleurs (syn. : Epipactis parviflora (Niechalk) Klein 1979)

Il s'agit là d'une autre espèce décrite en Espagne, et qui trouve sa limite nord de répartition dans les Pyrénées orientales. Elle est assez proche d'E. atrorubens, avec laquelle elle s'hybride. Elle possède une tige et des feuilles de couleur foncée, souvent lavées de violet. La tige est densément pubescente, surtout au niveau de l'inflorescence. Les fleurs sont très petites, de couleur claire, assez ouvertes. Les sépales sont verts intérieurement et extérieurement, le labelle a un épichile très petit, avec des bourrelets crépus à sa base, et est de couleur rose.

J'ai pu découvrir cette espèce lors d'une sortie organisée dans les Pyrénées Orientales, mais elle était encore seulement en boutons.

Epipactis leptochila (Godfery) Godfery 1921 : Epipactis à labelle étroit

Cette espèce affectionne les sous-bois sombres des forêts de hêtres et de chênes. Elle est caractérisée par son labelle, qui a un épichile en forme de triangle allongé. Ses feuilles sont ovales, étalées à pendantes, et les bractées inférieures sont très longues. C'est une espèce autogame, dont parfois les fleurs ne s'ouvrent pas. Sa floraison est plus précoce que c'elle d'Epipactis helleborine.

Chez la variété neglecta, l'épichile est rabattu sous l'hypochile, et la jonction entre les deux est resserrée en forme de !

En France, elle est signalée dans le flanc Est et Nord du pays, en Normandie, dans l'Aveyron et l'est des Pyrénées.

J'ai rencontré des plantes que j'ai rattachées à cette espèce à deux endroits: en Haute Marne dans une réserve naturelle du sud du département (+ 1 pied isolé à la limite de la Cote d'Or), et dans la Meuse, à chaque fois dans des sous bois sombres. Dans le deuxième cas, un doute subsiste, car à proximité pousse Epipactis muelleri, dont des pieds malingres peu typiques.

Ces deux groupes de plantes sont représentés ci-dessous:

- Cote d'Or (2 premières photos) et Haute Marne (avec la var. neglecta)

- Meuse: 

Epipactis lusitanica D. Tyteca 1988: Epipactis du Portugal

Comme son nom l'indique, cette espèce a été décrite du sud du Portugal. Assez proche d'E. tremolsii, elle s'en distingue par sa tige rougeâtre, duveteuse, ses feuilles peu nombreuses, moins tassées à la base de la tige , largement ovales, assez courtes et opposées dans un même plan (feuilles distiques). Les fleurs sont semblables à celles d'E. helleborine et tremolsii. Cette espèce croît sur sol acides, en pieds isolés.

Elle a été identifiée récemment en France, sa répartition y est mal connue, et limitée actuellement à l'arrière pays des Pyrénées orientales et du Var.

J'ai pu en voir quelques pieds dans les Pyrénées Orientales, malheureusement seulement en boutons pour les plus typés. Un pied en début de floraison pourrait être un hybride avec E. tremolsii (2 photos de droite ci-dessous)

 Epipactis placentina Bongiorni & Grunanger 1993: Epipactis de Plaisance (ville d'Italie)

Cette espèce décrite d'Italie n'est connue en France que d'un secteur très limité en Isère, entre 650 et 1100 m d'altitude. On la reconnaît à sa taille assez petite, et à ses fleurs de couleur rose-violacé et pendantes. C'est une espèce autogame. Elle croît en pieds isolés, à mi-ombre, dans des endroits sec à frais en lisière de forêt et bords de route.

Epipactis purpurata G.E. Smith 1828: Epipactis violacé

C'est un autre Epipactis assez facile à reconnaître, grâce à son feuillage. Les feuilles sont petites, raides, environ deux fois plus longues que larges et de même longueur que les entrenoeuds, d'un vert sombre lavé de gris-violacé. La tige elle même est violacée, et pubescente au niveau de l'inflorescence. Le labelle a un épichile blanc avec un centre rose à entièrement rose. La floraison est tardive, de mi-juillet à septembre.

C'est une plante qui affectionne l'ombre. On la rencontre dans des hêtraies, des plantations de résineux, sur les bords de chemins ombragés, sur des sols épais et frais, basiques à faiblement acides. Elle croît au nord-est d'une ligne Grenoble/Rennes, et n'est jamais abondante

La pollinisation est souvent assurée par des guêpes.

 

Epipactis rhodanensis Gevaudan & Robatsch 1994: Epipactis du Rhône

Cette espèce a été décrite au début des années 90 après sa mise en évidence dans la ripisylve du Rhône près de Lyon. Par la suite, elle a été identifiée dans tout le bassin versant du fleuve, jusque en Suisse, et au delà en Espagne, Allemagne, Autriche et Italie.

Elle est caractérisée par ses feuilles assez petites, et surtout par ses fleurs nombreuses, de petite taille, peu ouvertes, pâles, horizontales à pendantes. La grappe de fleurs est unilatérale (toutes les fleurs "regardent" dans le même sens). Le viscidium inefficace et les pollinies non cohérentes font que cette espèce est autogame. La floraison est assez précoce pour le genre (fin juin, début juillet).

Je l'ai rencontrée et photographiée en pleine ville de Grenoble, dans son biotope habituel à quelques mètres du Rhône.

Epipactis tremolsii Pau 1914: Epipactis de Tremols

Encore une espèce décrite en Espagne! L'Epipactis de Tremols (un botaniste Catalan) est assez semblable à E. helleborine, il s'en distingue par son feuillage largement ovale, tassé dans le bas de la tige. Les feuilles ont un bord ondulé caractéristique.

Les fleurs sont nombreuses, assez vivement colorées, en inflorescence dense et longue, et semblables à celle d'E.  helleborine. L'inflorescence est souvent plus longue que la partie feuillée de la plante. Cette espèce croît sur substrat calcaire, en milieu ouvert, dans des zones thermophiles: talus, éboulis... et souvent en touffes.

J'ai rencontré cette espèce en début de floraison dans les Pyrénées Orientales fin mai, puis au mois de juillet dans les Alpes de Haute Provence vers 1000m d'altitude.

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