Dactylorhiza

NB: à part quelques rares espèces, comme D. sambucina, assez faciles à identifier, le genre Dactylorhiza est un des plus ardus quand il s'agit de nommer une plante, en grande partie à cause d'une très grande capacité d'hybridation intragénérique. Même si j'ai veillé à écarter les photos d'exemplaires litigieux, les déterminations des plantes illustrant cette page ne sont pas garanties sur facture. D'ailleurs si certains y décèlent une erreur, ils sont invités à m'en faire part pour que je la corrige.

Dactylorhiza angustata (Arvet-Touvet) D. Tyteca & Gathoye 1991 (syn D. delphinensis Tyteca & Gathoye 1988): Orchis du Dauphiné

Cette espèce alpine est caractérisée par sa petite taille (20 - 25 cm en moyenne), son port plutôt élancé, ses feuilles allongées et maculées de noir, sa tige fine et faiblement compressible, et ses grandes fleurs violet foncé à labelle nettement trilobé.

Elle croît dans les marais alcalins d'altitude, de 900 à 2000m d'altitude. Je l'ai rencontrée en Isère et dans les Hautes Alpes, dans des zones d'herbe rase au sol très humide.

Dactylorhiza cruenta (O.F. Müller) Soó 1962: Orchis rouge sang

Cette espèce doit son nom à la couleur de ses fleurs, souvent d'un violet-rouge intense. Elle est assez proche de D. incarnata, et certains auteurs la considèrent comme une sous-espèce de cette dernière. Elle a des fleurs semblables, de petite taille. Elle s'en distingue par son port trapu, sa tige proportionnellement de très gros diamètre, et surtout par ses feuilles ovales larges, les inférieures incurvées vers le bas et maculées de noir sur les deux faces.

Elle est présente dans tout l'arc alpin, au dessus de 1000 m dans des zones humides sur substrat basique. C'est dans ce type de biotope que je l'ai rencontrée dans les Hautes Alpes et l'Isère.

Dactylorhiza incarnata (Linné) Soo var hyphaematodes (Neuman) Landwehr 1975

Il n'est pas toujours évident de distinguer cette variété de D. cruenta, surtout lorsque les deux poussent ensemble, comme c'était le cas dans le marais où je l'ai rencontrée. Heureusement, la population était abondante, et j'ai pu trouver quelques exemplaires bien typiques, dont celui présenté ici. On retrouve les feuilles allongées et dressées de D. incarnata, mais densément maculées sur les deux faces. Cette variété est montagnarde.

Dactylorhiza sambucina (Linné) (Linné) Soó 1962: Orchis sureau

C'est le Dactylorhiza de notre flore qui ressemble le plus à un Orchis, tant par la morphologie que par son écologie. Contrairement à beaucoup d'autres, il n'affectionne pas les zones humides, mais plutôt les prairies maigres, voire sèches. Il se rencontre aux altitudes moyennes à élevées dans une petite moitié sud-est de la France, et il a disparu de zones de plaine suite aux changements des pratiques agricoles. Il peut être abondant localement en altitude.

Cette espèce présente deux formes, une à fleurs jaunes, l'autre à fleurs rouges, la première étant dominante, avec quelques rares intermédiaires rose saumon. Hormis ce caractère, elle se reconnaît à son écologie, à son port trapu et robuste, et à ses fleurs à éperon épais plus long que l'ovaire, et au labelle finement ponctué. Les fleurs de la variété rouge ont un coeur à nuance jaune qui aide à la détermination.

Les photos ci-dessous ont été faites dans l'Aveyron et la Drôme.

prairie d'altitude à Dactylorhiza sambucina Dactylorhiza sambucina Dactylorhiza sambucina Dactylorhiza sambucina - forme zimmermanii Dactylorhiza sambucina - forme rouge

Dactylorhiza insularis (Sommier ex Martelli) Landwehr 1969 : Orchis des îles

Cette espèce doit son nom au fait qu'elle a été décrite pour la première fois à partir d'une plante de Sardaigne, en 1895. Cet épithète correspond quasiment à sa répartition en France, où on la rencontre essentiellement en Corse, et très rarement dans les Corbières. C'est dans cette dernière région que je l'ai photographiée, alors que les tous premiers boutons étaient en train d'éclore.

Cette espèce, comme D. sambucina dont elle est proche, affectionne les milieux ouverts ou clairs, et pas trop humides, de moyenne altitude. Elle se reconnaît à ses fleurs jaunes pâle, de couleur unie ou avec de petits point rouges à la base du labelle. Ces points forment rarement une grande macule bifide; il s'agit alors de la forme bartonii, qui était apparemment disparue sur la station où j'ai rencontré l'espèce.

Dactylorhiza insularis Dactylorhiza insularis Dactylorhiza insularis

Dactylorhiza brennensis (E. Nelson) Tyteca & Gathoye 1988 : Dactylorhiza de la Brenne

Cette espèce proche de D. elata s'en distingue par son port grêle et ses fleurs généralement pâles. Elle a été décrite de la région de la Brenne dans l'Indre, où elle forme des populations localisées et homogènes dans des marais. C'est bien évidemment une espèce très rare.

Dactylorhiza brennensis Dactylorhiza brennensis Dactylorhiza brennensis Dactylorhiza brennensis

Dactylorhiza majalis (Reichenbach) P.F. Hunt & Summerhayes 1965: Orchis de mai

Cette espèce de zones humides se caractérise par sa taille moyenne à grande, sa tige robuste et creuse (compressible), ses feuilles larges, étalées et tachetées, et à ses fleurs rose vineux à labelle profondément trilobé parcouru de tiretés foncés. On la rencontre partout en France, sauf en Bretagne et régions limitrophes et dans le sud-ouest, sur substrat alcalin à faiblement acide.

Les photos ci-dessous ont été prises dans la Marne.

Dactylorhiza majalis Dact=ylorhiza majalis forme souvent des populations abondantes Dactylorhiza majalis Dactylorhiza majalis Dactylorhiza majalis

Dactylorhiza alpestris (Pugsley) Averyanov 1983 : Orchis alpestre

Cette espèce est aussi parfois présentée comme une sous-espèce montagnarde de D. majalis. Elle se rencontre dans les Alpes et l'est des Pyrénées; on la reconnaît à son port trapu, ses feuilles plus larges que celles de D. majalis, et son labelle presque sans lobes. Elle croît dans les prairies humides, les suintements, de 1500 à 2500 m. C'est dans ce type de biotope que l'ai rencontrée, sur les hauteurs de l'Alpe d'Huez.

Dactylorhiza alpestris

Dactylorhiza parvimajalis D. Tyteca & Gathoye 2000

Comme son nom l'indique, cette espèce de description récente ressemble à un petit D. majalis. Elle rassemble des populations critiques ne cadrant pas avec divers taxons d'affinité montagnarde proches (D. wirtgenii, angustata, lapponica, trunsteineri). Sa détermination reste quand même bien délicate à mon avis. Je l'ai rencontrée sur un site indiqué par un correspondant local, une grande prairie humide comportant des milliers de pieds, à 1750m d'altitude en Isère.

Dactylorhiza traunsteineri (Sauter) Soó 1962: Orchis de Traunsteiner

Par rapport à D. majalis, celle-ci se caractérise par son port plus grêle, sa tige fine non compressible, ses feuilles bien plus allongées (linéaires), et ses fleurs foncées à éperon droit croisant l'ovaire et de même longueur que celui-ci. Le statut de l'espèce D. traunsteineri n'est pas des plus clairs, et sa conception varie suivant les auteurs. Elle est signalée dans la moitié est de la France.

Personnellement, j'ai rencontré sur les crêtes des Vosges quelques plantes que je pense pouvoir raccrocher à cette espèce. Mais mettre un nom sur un Dactylorhiza des hautes Vosges est un exercice périlleux. Je vous invite à me donner votre avis d'après les photos de piètre qualité ci-dessous (même si ça ne se fait pas de déterminer une plante d'après photo!)

Dactylorhiza traunsteineri (à confirmer) Dactylorhiza traunsteineri (à confirmer)

Dactylorhiza wirtgenii (Höppner)  Soó 1962: Orchis de Wirtgen

 Encore une espèce dont la mention en France est récente. Ce taxon peut être décrit comme ayant un feuillage intemédiaire enttre ceux de D. majalis et traunsteineri, avec des feuilles environ 4 à 9 fois plus longues que larges (au moins 7 fois pour trainsteineri), pas ou peu maculées. Ses fleurs en épi allongé sont assez grandes, roses parcourues de tiretés foncés. Leur éperon est aussi long que l'ovaire et plus long que le labelle, conique, souvent droit, et il croise l'ovaire.

Cette espèce en France est citée du massif jurassien, de l'Isère, et de Haute Marne où je l'ai rencontrée dans un marais tufeux.

 

Dactylorhiza praetermissa (Druce)  Soó 1962: Orchis négligé

Cette espèce cantonnée au nord de la France à un port robuste et élancé. Ses fleurs ont un labelle aux lobes arrondis, peu marqués, et à bords plus ou moins incurvés vers l'avant. Il comporte vers son centre des pointillés ou des tiretés foncés. Les feuilles sont soit sans tache (var. praetermissa), soit tachetées (var. junialis) et dans ce cas les taches peuvent être annulaires (voir quatrième photo ci-dessous).

Cette espèce croît dans les zones humides sur substrat basique, et régresse en même temps que ces milieux, comme les autres espèces présentées sur cette page.

Les photos ci-dessous ont été prises dans la Marne.

Dactylorhiza sphagnicola (Höppner)  Averyanov 1984: Orchis des sphaignes

Morphologiquement, cette espèce est proche de D. praetermissa. Elle s'en distingue essentiellement par son écologie, radicalement différente. En effet, D. praetermissa croît dans les maris alcalins, alors que D. sphagnicola est inféodée aux tourbières acides, où elle pousse dans les sphaignes, ce qui lui a valu son nom.

Elle est répandue dans toute l'Europe du nord, mais en France elle est extrêmement rare et ne se rencontre que dans le département des Ardennes. Les photos ci-dessous ont été faites en Belgique, sur le plateau des Hautes Fagnes.

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